Quitter le salariat pour devenir freelance : le guide complet
Étapes clés, statuts, revenus réels, portage vs freelance, et toutes les questions que tout le monde se pose
Définir son projet
1.1 Identifier ses compétences réellement monétisables
Posez-vous ces questions simples :
-
Qu’est-ce que je sais faire aujourd’hui, sans formation supplémentaire ?
-
Pour quoi est-ce qu’une entreprise serait prête à payer ?
-
Ai-je déjà une expertise reconnue (même en interne dans mon entreprise) ?
1.2 Choisir ses clients : un point clé souvent mal compris
Le type de client conditionne votre positionnement, vos tarifs et votre succès.
Grands groupes
-
Ils recherchent des experts spécialisés
-
Ils paient bien, mais attendent :
-
Une expertise claire
-
Des références
-
Une capacité à s’intégrer à des process lourds
-
--> Plus vous êtes spécialisé, plus vous êtes crédible
PME / TPE
-
Elles recherchent des profils polyvalents
-
Quelqu’un capable de :
-
Comprendre le besoin
-
Proposer une solution
-
L’exécuter
-
-
Elles préfèrent souvent une seule personne plutôt que plusieurs prestataires
--> Ici, savoir « faire un peu de tout » est un avantage
| Type de client | Ce qu’il recherche | Attentes |
|---|---|---|
| Grand groupe / grande entreprise | Spécialiste pointu dans un domaine précis (ex : IA, data visualisation, cybersécurité) | Expertise, expérience, maîtrise de processus complexes |
| PME / TPE | Profil polyvalent, capable de gérer plusieurs aspects (technique + stratégie + exécution) | Autonomie, adaptabilité, rapport qualité/prix |
| Startups | Soit un expert stratégique (phase d’accélération), soit un "doer" agile (phase de lancement) | Réactivité, compréhension des enjeux business |
Conclusion : si vous visez les grandes structures, il vaut mieux se spécialiser sur une technologie ou un secteur précis. Si vous ciblez les TPE/PME, la polyvalence est un avantage (ex : un freelance en IA qui sait à la fois faire du NLP, du déploiement et un peu de product management sera très recherché).
3. Quel type de mission recherchez-vous ?
-
Mission courte ou ponctuelle : prestation ciblée, souvent à livrer rapidement.
-
Mission longue : intégration dans une équipe, rythme plus stable.
-
Temps partiel / régulier : présence sur plusieurs mois, besoin d'organisation.
Le modèle de mission doit être compatible avec vos ambitions (temps libre, stabilité, revenus).
Choisir entre freelance et portage salarial
Se lancer en freelance implique de choisir entre travailler en indépendant pur (micro-entreprise, SASU, etc.) et opter pour le portage salarial.
Freelance (auto-entrepreneur, entreprise individuelle, SASU...)
-
Liberté totale dans la gestion, la prospection, les tarifs.
-
Responsabilités administratives : facturation, cotisations sociales, impôts.
-
Statuts les plus courants pour débuter : micro-entreprise ou SASU.
Portage salarial
-
Statut hybride entre salariat et freelance.
-
Vous signez un contrat avec une société de portage, qui vous emploie légalement et facture vos clients à votre place.
-
Avantages :
-
Protection sociale d’un salarié (assurance chômage, retraite).
-
Moins de gestion administrative.
-
-
Inconvénient : coût plus élevé (commissions et charges sociales).
À retenir : le portage salarial est idéal pour tester le freelancing en douceur, surtout si vous avez peu de connaissances en gestion ou un profil senior.
Revenus réels : TJM de 500 €, combien il reste ?
Hypothèses : 20 jours facturés / mois = 10 000 € de CA
| Statut | Revenu net estimé |
| Micro-entreprise | ~6 200 € |
| Portage salarial | ~5 200 € |
| CDI équivalent | ~3 200 € |
Comment se verser un revenu ?
Le chiffre d'affaires ≠ le salaire
Quand vous êtes freelance, vous facturez vos clients. Ce qu’ils vous paient constitue votre chiffre d'affaires (CA). Mais ce n’est pas ce que vous touchez réellement.
Vous devez ensuite :
-
Payer vos cotisations sociales (URSSAF, retraite, etc.)
-
Régler vos charges fixes (logiciels, téléphone, assurances…)
-
Réserver un budget impôts
-
Constituer une trésorerie de sécurité
Exemple concret en micro-entreprise
Prenons un freelance en micro-entreprise avec 5 000 € de chiffre d’affaires mensuel
| Élément | Montant |
|---|---|
| Chiffre d’affaires | 5 000 € |
| Cotisations sociales (22%) | -1 100 € |
| Charges diverses (logiciels, outils, mutuelle, etc.) | -300 € |
| Revenu net avant impôt | ≈ 3 600 € |
| Impôt sur le revenu (prélevé selon votre taux) | Variable |
--> Salaire net équivalent : environ 2 500 à 3 000 € net selon vos choix fiscaux.
En société (SASU / EURL)
Vous pouvez aussi vous verser :
-
Un salaire (soumis à charges)
-
Des dividendes (moins chargés, mais imposés différemment)
Cela permet plus de souplesse fiscale, mais demande une vraie gestion comptable.
À quelle fréquence se payer ?
C’est vous qui décidez :
-
Mensuellement (comme un salarié)
-
En fonction de la trésorerie (notamment en début d'activité)
--> Conseil : commencez par vous verser un “salaire de base”, et ajustez selon la stabilité de vos revenus.
Et en portage salarial ?
-
Vous percevez un salaire net mensuel, calculé sur la base de votre chiffre d’affaires.
-
La société de portage applique :
-
Ses frais de gestion (5 à 10 %)
-
Les charges patronales et salariales
-
-
Vous recevez un bulletin de paie.
--> Exemple : pour 5 000 € de facturation, vous touchez environ 2 300 à 2 500 € nets.
Gérer la facturation
Quand éditer la facture ?
-
À la fin de la prestation (mission ponctuelle)
-
En fin de mois (mission récurrente ou longue)
-
Certains clients demandent une facture en début de mois pour un mois prévu : s’adapter au contrat
Que doit contenir une facture ?
-
Votre identité (nom, SIRET, adresse)
-
Le nom du client
-
Date et numéro unique
-
Description claire de la prestation
-
Montants HT / TVA / TTC
-
Conditions de paiement (ex : “Paiement à 30 jours”)
-
Mentions obligatoires (TVA non applicable, pénalités de retard)
Délais et réception du paiement
-
Délais standards : 30 jours à réception de facture (sauf accord différent)
-
Certaines entreprises paient à 45 jours fin de mois
-
Utilisez des outils de relance automatique si nécessaire
-
Le virement est reçu sur votre compte pro ou perso (selon votre statut) selon le délai contractuel
En portage salarial
-
Vous envoyez un compte-rendu d'activité à la société de portage
-
Elle émet la facture au client
-
Vous recevez un salaire (même si le client n’a pas encore payé, selon le contrat)
Gérer l’administratif
En micro-entreprise
-
Déclaration URSSAF (mensuelle ou trimestrielle)
-
Paiement des cotisations (~22 %)
-
Livre de recettes
-
Suivi des factures et paiements
En société (SASU/EURL)
-
Expert-comptable obligatoire
-
TVA, charges, bilan annuel
En portage
-
Aucune démarche : tout est géré
-
Envoyer un compte-rendu d'activité chaque mois
Les questions les plus fréquentes (et les vraies réponses)
❓ "Combien de temps faut-il pour vivre de son activité ?"
En moyenne, 3 à 6 mois pour trouver ses premières missions régulières. Cela dépend fortement de votre réseau et de votre niche.
❓ "Puis-je tester le freelance tout en gardant mon CDI ?"
Oui, en créant une micro-entreprise en parallèle (vérifiez les clauses de non-concurrence de votre contrat). Sinon, optez pour un congé création d’entreprise.
❓ "Est-ce que j’aurai droit au chômage ?"
Oui, si vous :
-
Négociez une rupture conventionnelle.
-
Ou démissionnez dans le cadre d’un projet entrepreneurial validé par Pôle Emploi.
❓ "Comment fixer mes tarifs ?"
Basez-vous sur :
-
Les standards du marché (voir plateformes)
-
Vos revenus actuels
-
Vos charges (logiciels, impôts, retraite)
💡 Exemple de calcul de TJM :
Salaire brut visé x 2,2 / 20 jours facturables par mois
❓ "Et si je me plante ?"
Vous pouvez :
-
Mettre en pause votre activité
-
Revenir à un CDI
-
Capitaliser sur votre expérience freelance pour viser un meilleur poste